RAIMBAUT Jacques

Description

Jacques Raimbault est né en 1954 à Talence dans une famille d’ouvriers, le papa est imprimeur, il « ramène l’enveloppe à la maison » où la maman gère une fratrie de 9 enfants, avec un petit dernier lourdement handicapé. Les journées de cette maman sont longues du lever à 4h du matin au coucher à 11h du soir. Jacques ressent le climat lourd de la maisonnée que fait peser une belle mère dominatrice et à la forte personnalité de marchande des 4 saisons « capucinarde ».

L’enfance dans la rue et dans le bois de Thouard est heureuse même si Jacques n’accroche pas à l’école. « Les listes des Rois de France » ! ne disent rien à cet enfant qui vit sans livre.

Pour vivre libre en travaillant, son rêve, Jacques doit passer le certificat d’études. Chose faite à 14 ans et l’obtention d’un CAP d’ouvrier pâtissier à 17 ans lui permet d’entrer à 17 ans chez Dastarac.

Avec Michel, son frangin ouvrier boulanger, de 2 ans son aîné, il partage le goût de la liberté et de la culture hippie (barbe viking et chemise à fleurs) et ils prennent la route, en stop du Nord au Sud de l’Europe. Les Pyrénées seront leur terrain de jeux, vie en refuge, découverte des sommets, les annotations sur les guides Olivier, fatigués et usés attestent des années de passion montagnarde.

En 1977, le temps est venu de se poser, une annonce sur Sud -Ouest, il sera manœuvre aux Moulures Françaises, une fabrique familiale de cadres. Jacques y restera 7 ans jusqu’à ce que la concurrence internationale entraîne la fermeture de l’entreprise.

Le frangin est en 1979 chez Saft, il y rencontre des militants gauchistes et anarchistes. Avec Jacques, ils assistent à un meeting de Lutte ouvrière. Les militants, dans la discussion, évoquent des noms, des dates, des évènements . « Je n’y comprends rien » dit Jacques qui entame alors une lente acculturation et aujourd’hui il vit entouré de livres et de magazines.

Pour militer sur le terrain, il faut une grande entreprise, Jacques entre donc à l’embouteillage, chez Barton et Guestier, négociant à Bordeaux .

Militer au plus près, une feuille est distribuée tous les 15 jours, un édito politique au recto et au verso les échos de l’entreprise .

Il est élu en 1984 comme délégué du personnel. En 1988, pour voir aboutir des revendications de salaires, de droits des intérimaires, de primes, une grève est organisée à un moment sensible pour Barton et Guestier, l’embouteillage du beaujolais, 4 jours de blocage total au moment où les cuves sont pleines. La direction s’affole devant l’investissement des salariés et cède sur de nombreux points .

La suite est prévisible, en 1990 Jacques est viré. les différents recours sont engagés et Maître Touzet le défend pendant 6 ans de procédures avant de recevoir le chèque de compensation.

Pendant toutes ces années, Jacques doit travailler, 10 ans d’ intérim, avec de courtes missions de deux ou trois jours. Un stage FPA de chaudronnier se soldera par un échec .

En 2000 la maladie éloigne Jacques de l’entreprise. 3 ans de longue maladie et de rééducation après l’ablation d’un poumon. En 2003, il sera en invalidité (revenu mensuel de 700 euros). 2016, l’heure de la retraite sonne et Jacques touche désormais 1000 euros .

25 ans de militantisme, à Lutte ouvrière d’abord puis après l’exclusion de 10% des adhérents à la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) après le congrès de 2000.

Des cultures politiques différentes et aujourd’hui pour les jeunes de nouvelles formes d’engagement. Son implication à la vie militante n’empêche pas Jacques de se consacrer à son art du collage. Les panneaux colorés composés de morceaux de puzzles nous offrent sa vision d’un monde imaginaire porteur de messages humanistes.

1ère pause musicale : la mauvaise réputation – Georges Brassens

2nde pause musicale : Concerto Brandebourgeois – J.S. Bach

3ème pause musicale : Camarade – Jean Ferrat

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