Description
Sakina Arnaud est née Sakina KHIMOUN le 22 janvier 1955 à Salsigne, fille d’un mineur Kabyle de la dernière mine d’or française, elle a passé son enfance au sein d’une fratrie de 7 enfants, et « d ‘une communauté de nations unies par la misère » .
Dans le village, les ouvriers de toutes nationalités vivent dans une solidarité imposée par la dure réalité de la mine, jardins partagés, Ramadam fêté par tous.
Aucune des femmes ne porte le voile et la maman de Sakina encourage ses enfants à bien travailler en classe pour que « ses larmes deviennent une légende du passé » . Bien qu’analphabète, elle est l’accoucheuse du village, au savoir-faire reconnu. De nombreux enfants sont nés là, sur place et Sakina se souvient bien des préparatifs, l’eau chaude, les bassines, les instruments .
Le papa, lui aussi analphabète, arrivé à la fin de la guerre en 1948, s’intéresse aux conditions de travail, avec l’aide du syndicat CGT, il milite par exemple pour la prévention des accidents dus aux éboulements, ou pour l’obtention de souliers de sécurité et de vêtements professionnels .
Solidaire avec les combattants de la libération nationale, le papa collecte des fonds et un jour qu’il est arrêté par les gendarmes, Sakina, petite fille du cours préparatoire, attirée par la gentillesse de ces messieurs et ravie par les bonbons qu’ils lui offrent, raconte ingénument, les réunions nocturnes et l’argent reçu et …
Alors la gentillesse de la maréchaussée devient méchanceté et elle voit son papa bousculé , embarqué pour un séjour de 10 jours en prison. Elle comprendra plus tard son engagement anticolonialiste.
« Ma fille m’a vendu pour des bonbons et du chewing-gum » dira son père .
Sakina sortie de l’enfance sera confrontée au racisme et avec son CAP/BEP de sténo dactylo ,elle ne trouve que des petits boulots , « des boulots de m…e. »
En 1987, elle se marie avec Philippe Arnaud, prend la nationalité française .
Nouvelle identité, nouvelle possibilités.
Avec 1981 et la volonté politique d’encourager la diversité dans les ministères, l’ANPE lui offre de postuler pour un travail au ministère de l’éducation nationale auprès d’Alain Geismar, Claude Allègre et Elisabeth Borne. « Bouclette »comme l’appelle Allègre en référence à sa coiffure Afro, Bouclette découvre un nouveau monde, de nouveaux codes.
Dans le même temps, Sakina a des yeux pour voir ! Voir les injustices et les dénoncer.
Elle se mobilise contre toutes les souffrances, toutes les exclusions, SDF, évacuation musclée des sans papiers de l’Eglise Saint Bernard .
Ses visites régulières à Lannemezan, pendant 12 ans, auprès de George Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais seront déterminantes pour l’engagement de Sakina.
Elle ira au Liban voir George enfin libéré. Les risques pour sa vie l’obligent à des déplacements incessants de résidence, mais George reste un homme debout, sans concession, déterminé qui continue de se battre .
Avec Palestine33, en 2000, Sakina rencontre, en Palestine, la guerre de l’humiliation. A un check point des militaires arrogants font tomber au sol, volontairement, le panier de légumes que portait une vieille paysanne .
Ne pas réagir, mais des yeux pour voir et une voix pour dénoncer .
Elle sera jetée en prison et verra son passeport retenu pour avoir pris des photos dans un dispensaire . Le quai d’Orsay interviendra pour sa libération .
Son parcours de militante de la LDH est émaillé de poursuites.,
En 2010 une campagne de boycott de produits importés d’Israël lui vaudra une accusation d’antisémitisme. (amende de 1000 euros) .
Un deuxième procès pour dégradation des produits sur lesquels des autocollants sont collés verra le déplacement de l’avocat franco-israëlien G-William Goldnadel venu férailler à Bordeaux contre cette militante propalestinienne ..
La Campagne BDS France (Boycott désinvestissement sanctions), va plus loin et porte aussi sur le boycott sportif, culturel, et sur l’arrêt de la collaboration industrielle. Sakina sous le coup de la circulaire Alliot - Marie sera accusée d’antisémitisme et devra être défendue par Maurice Rajsfus
Sakina ne dort plus du même sommeil depuis qu’elle est allée sur le terrain en Palestine.
Alors elle continue à se battre sans relâche . Pour elle, « FREE MARWAN BARGHOUTI » est le seul chemin possible vers la Paix .
Elle est une militante qui ose vivre, à chaque instant, son rêve de justice et de paix !
Pauses musicales
1ère pause musicale : « Amelyum » par le groupe Djurdjura
2nde pause musicale : « Barbara » par Mouloudju sur un poème de J Prévert
3ème pause musicale : « Ma Liberté » par Serge Reggiani